tous les soirs s’élève une voix

tout les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, un soir d’octobre dans un minibus à travers la nuit égyptienne, les amies chantent Ferouz et Oum Kalthoum, dehors brûlent les détritus qui brûlent la gorge, et les voix en partage de voix dans le domaine des souffles,

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, la voix seule écrit le sens : proférer chaque soir un son et un souffle, un poème-action, un livre instantané livré aux déséquilibres des temps,

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, elle installe le corps dans un lieu basculé : le bord d’une fenêtre au bord d’un toit, et la voix bascule l’alignement des luites, les façades, le creusement des cours, le cloisonnement des jardinets, le ciel, elle bascule ce qui contient et les fluides,

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, un équilibre orienté des hauts et des bas, des diagonales et des parallèles,

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, déréglant les représentations, révélant des espaces et y prenant place

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens – écho à ce poème, un jour gravé
pas grave, pas grave pas de corps, pas grave et puis en voilà un tout fait (…)

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens – dans l’élan des inversions et du Grand Carnaval,