Wild Water

Water into the wild wild water eau sauvage des rivières presque torrent welsh wild water eau galloise au petit matin eau froide aux heures des horloges endormies eau source froide des forêts eau froide des rivières presque torrent chemin liquide à travers les forêts eau rouge tourbeuse rouge et froide au creux des talvegs rivière presque torrent le corps plongé dedans le corps à l’eau froide froide wild water sur le ventre le poids du courant comme un drap lourd, tenture rouge ventre enveloppé eau froide autour vêtement de cristal emprise rouge sur la peau corps chaud eau froide into the wild.

Pas dans le dictionnaire

L’enfance aux entournures, parfois ça coince et ça veut son histoire et ça bafouille un lait aigre.

L’enfance aux écritures, parfois ça régurgite et ça veut son bravo et ça cafouille un peu de moisi.

L’enfance aux écorchures, parfois ça déglingue et ça veut un héros et ça bidouille à l’effaceur.

L’enfance aux tessitures, parfois ça déraille et ça sonne trop faux et ça s’accorde à l’insomnie.

L’enfance aux sépultures, parfois ça fantôme la vie et ça simulacre les rires et ça hante le décor.

L’enfance aux épaules étroites, parfois ça craque un bouton et ça va à poil et ça fait la roue libre.

L’enfance aux genoux cagneux, parfois ça valse à l’envers et ça chahute les mazurkas et ça dégingande.

L’enfance au dos rond, parfois ça prend des tangentes et ça trace les arcs et ça balance des flèches.

L’enfance à la tartine, parfois ça colle aux doigts et ça miette au coin de lèvres et ça grossit sans raison.

L’enfance à l’instant, parfois ça veut deux chances et ça tempête dans le bocal et ça rétrécit sans cesse.

L’enfance aux rayures, parfois ça ponce des surfaces tourmentées et ça décape des sols rugeux et ça glace les miroirs.

 L’enfance au bout de la langue, parfois ça traduit le malaise et ça mélange les genres et ça ravale le pire.

L’enfance au bout des doigts, parfois ça écoute sans parler et ça émet des signaux faibles et ça rapplique liquide.

L’enfance aux pelures, parfois ça s’effeuille et ça joue à se révéler et ça enferme au cœur le secret.

L’enfance aux salissures, parfois ça gomme éternité et ça trace à coups de pied et ça réplique, réplique.

L’enfance aux revoyures, parfois ça monte à l’échelle et ça se parle d’autres langues et ça se chante des labyrinthes.

L’enfance en pâture, parfois ça se consomme chaud et ça s’avale glacé et ça serpente les fausses routes.

L’enfance en ouverture, parfois ça symphonie et ça mélodie française et ça sonne faux l’ostinato.

L’enfance en ossature, ça 200 os à fortifier, ça muscle trop lourd pour la structure et ça bouge trop.

Avec sans

… donc avec sans on aurait. Alors sans ou avec très peu on pourrait. Bientôt on pourrait. On se demanderait un peu. Bientôt après une ou deux fois on saurait. Après encore une autre fois on saurait encore. On aurait avec beaucoup. On pourrait sans ou alors très bientôt. On se demanderait une fois ou deux. On saurait peu. Un peu parfois on serai un peu. Devant on serait très peu. On serait une ou deux derrière. On aurait une ou deux fois. On aurait avec. On aurait donc ou avec très peu. On se demanderait bientôt. On saurait après encore une fois. On aurait avant. On saurait contre. On saurait aussi après. Alors on saurait. On pourrait malgré et avec. On pourrait sans. On pourrait encore, et après encore une fois. On aurait moins. On se demanderait aussi. Donc sans on aurait plus. Avec très peu ou alors sans on pourrait moins. Bientôt on pourrait moins. On se demanderait beaucoup. Tardivement on saurait rien. Même avec encore on saurait rien. On aurait très peu. On pourrait avec ou alors plus tard. On se demanderait une ou deux fois. On saurait rien. Souvent on serait plus. Derrière on serait beaucoup. On serait nombreuses devant. On aurait jamais. On aurait sans. On saurait rien ou avec beaucoup. On se demanderait jamais. On saurait avant. On aurait après. On saurait avec. On saurait aussi avant. Alors on saurait pas. On pourrait avec et encore. On pourrait avec peu. On pourrait avec très peu et on pourrait avec moins. On aurait plus. On se demanderait aussi. Avec sans on aurait avec

Energie pure, pulsatile

A écouter là : https://soundcloud.com/catherine-serre-915528503/mitochondries

(Juin 2020 /Ecrits Studio/texte et son Catherine Serre)

là — dedans

dedans de dedans à se mouvoir dedans

dedans — qui  filent virent se propulsent et déchargent

énergie pure dans l’œuf — dans le mélange du dedans de l’œuf énergie pure

vibration d’avant le mouvement énergie pure

dedans là dedans corps senti pulsatile large chant

respiration corps senti pulsé énergie pure décharge

léger remous vibration jazz des intérieurs  

soudain immobilité et silence vibration fluide dans les fluides

propulsion dirigée du liquide dans le liquide

doux liquide soyeux des intérieurs vie première

vibration rapide pulsée orientée dans les liquides doux et spongieux

vibration échanges d’avant le langage

dans le liquide doux mobile energie pure puissance sans aide sans adn

être d’un être — primitive trace de vie enveloppée

intérieurs doux et liquide

énergie pure sans adn sans aide par transmission de trace

porteuses portée donneuses données à la fois traversées traversantes

entre double membrane sans adn

énergie pure dedans de toi

dedans de se mouvoir dedans qui file se propulse et décharge

dedans des lignées de mères énergie pure dans l’intérieur des intérieurs

loin les mères premières des premières vibrations globules de vie

fabrique de lignées en agrégat de présences vibrantes

vibration présence ronde des mères énergie pure

donneuse de rêve énergie pure des pas de côté

vibration des échanges

d’avant le langage

Parfois les morts

Parfois les morts arrivent en voiture, ils passent en coup de vent au retour du marché, il sonnent, entrent et saluent, ils ne veulent pas déranger, ils viennent pour dire bonjour, en vitesse, ils embrassent à peine et s’en vont. Parfois les morts partent en balade, pour un tour au soleil, parcourent toutes les rues et toutes les routes, choisissent avec soin leur destination pour éviter le vent, ne s’éloignent jamais de plus d’une demi-heure et reviennent en ville avant le soir. Parfois les morts mangent ensemble, font un bruit de famille, un brouhaha de joyeuses rencontres, les bises claquent, ils se hèlent et s’interpellent, mais le brouhaha, les interpellations ne vont guère plus loin que l’instant des retrouvailles quand ils se souviennent. Parfois les morts marchent dans la rue étroite ou même traversent le boulevard, sont de dos et s’éloignent, vont un peu trop vite, sont un peu trop loin pour être rattrapés. Parfois les morts semblent s’approcher puis, quand la distance se réduit, ils deviennent diaphanes, vaporeux, ils ne sont plus vraiment là, ils se font vagues. Parfois les morts marchent côte à côte, la conversation reprend, mais au début d’une phrase nouvelle, une voiture, un oiseau, un coup de vent ou un pied qui trébuche et ’aussitôt leur voix sont au silence, leur murmure s’éteint, et devient inaudible. Parfois les morts se penchent sur la terre, remuent l’invisible, retournent un caillou, font fuir un scarabée, le jardin y reprend vigueur. Parfois les morts poussent leurs vélos, rapportent un pain, un melon, un poulet, laissent à ceux qui restent le soin de la cuisine et repartent en ville. Parfois les morts arpentent les rues en groupe, bruyants, ne s’occupent de rien sauf du plaisir de se voir, encore jeunes, empreintes d’eux_-même dans une capture du temps, mais ils déteignent soudain à l’idée de boire un café, ou une bière, à la vue d’une terrasse trop bien occupée. Parfois les morts s’absentent, plus aucun ne passe après le marché, plus de tour en voiture, ils ne sont pas là, ne marchent plus côte à côte, leurs présences devenues transparentes. Jusqu’à la réouverture d’une porte, le claquement d’une fenêtre, un vieil outil qu’on déplace, une couverture secouée à la fenêtre de l’ancienne cuisine, et les voilà, ils reviennent, ils entrent et sortent, ne veulent pas déranger, se déplacent sur la pointe des pieds, ils font signe et repartent vite. Joyeuse présence pour que la vie tourne rond.

Yeux clos

Paysage Yeux clos falaise et rivage de mer, pierres roches abruptes et cassures, failles, paysage Yeux clos épaisseurs de vertige, eaux tourmentées. Brun de sienne mêlée d’ocre jaune, perspective floue de pluie incessante collée au ciel, part de ciel, ciel lui-même. Étendue de lande Yeux clos terre tourbeuse et herbe drue, terre étrangère et familière, mouvement d’ondulations vert brillant, débords de rigoles inondées, bord sombre de falaise. Pâtures hantées Yeux clos, taches blanches, corps de bêtes opiniâtres, habituées et tenaces, dos au vent, tête dans le cou, arrimées. Paysage Yeux clos, falaise terre noire et herbe épaisse, surnaturel livré aux éléments. Eau visqueuse Yeux clos, obstinée, coulant sans fin du haut d’un ciel chargé de nuages enfoncés les uns dans les autres, tordus de vent, impossible échappée aussitôt engloutie par un amas plus gros. La pluie pénètre dans le sol, chaque grain de terre se gonfle puis éclate, se liquéfie en boue collante dans la profondeur d’herbe gorgée d’eau mêlée de sable. Creux d’empreintes Yeux clos passages d’animaux, traces rondes où le ciel se reflète dans des cupules d’eau rougeâtre. Derrière les paupières, nuée de gris délavé, nuances qui apparaissent et disparaissent alors même qu’on les regarde entre les cils, il semble que l’œil se fait pinceau et anime la palette aux couleurs crayeuses assombries de traînées noircies, un point de violet allume un blanc sale, un bleuté initie le bourgeonnement d’un nuage et se dilue dans un éclat acier aussitôt éteint. Un peu de fumée bordée de mauve garde l’horizon où une radée nouvelle forme un rideau opaque et irisé, elle avance vite, à la vitesse de la folle volonté qui la dompte. Effacement Yeux clos la falaise et les vagues. Les hauteurs de pierres basaltiques striées de longues coulures, figures des géantes gelées. Les oiseaux terrés dans des niches, dans des cassures, s’élancent dans le vide. Vols au ras des verticales. Les oiseaux luttent à contre vent, les rémiges pliées, leurs corps rasant les roches, ils se redressent. Les ailes appuyées sur le vent, soutenus par les rafales ils remontent en diagonale tournante et plongent à pic, ils frôlent la houle, leurs becs ouverts avalent l’air, râles rauques, réflexes de gorge quand une proie s’échappe dans l’écume. Désordre Yeux clos les vagues se pénètrent et s’emmêlent, étincelantes de quartz, de granites, de mica, matière épaisse et fluide de blanc, d’argent et de rouge, reflets dans l’écume née de l’écume, là où s’efface un rocher, là où se découvre un épaulement déchiqueté, là où dansent les esprits de l’eau vive en cadences irrégulières, une chorégraphie décalée de vapeur d’eau et d’eau mousseuse. Ligne majeure Yeux clos fractales aiguës, image sérielle hypnotique qui se déplie et se multiplie. Endroit et instant précis Yeux clos mémoire où dresser la falaise, étaler l’eau, faire bouillonner l’écume et rouler le sable grossier, où lancer la lande, où fixer les formes et les densités, les transparences et les réverbérations. Tout comme s’ancre sur la rétine une ligne des collines et de la ville à leurs pieds, une découpe des tours qui dominent des rues fourmillantes, des impression de ramages d’oiseaux le long de berges bleues, des apparitions fugitives, défilements derrière des vitres de trains, des remous de torrents froids où le corps se glisse, se laisse mordre. Retenue mémorielle Yeux clos méthode infaillible, volontaire et consciente, équilibre des couleurs, des états, des textures, des alignements, des croisés, des flux, des forces, des tangentes. La plage brune se découvre en cadence, concert pour masse d’eau et mouvements perpétuels. L’aveuglement Yeux clos n’interrompt rien, il n’efface pas l’ouverture de la terre vers le ciel, il ne met pas fin à la pluie pénétrante, il n’arrête pas le ressac, il s’empare, il recrée, il supplée, ainsi les reprises et les variations pour silhouette mains dans les poches et bonnet enfoncé, tournée vers le large, esquisse à la limite de la falaise, ombre de présence humaine, ou cette autre ligne de vie le long du sentier, accordé au pas d’un chien, toison de longs poils blancs et gris flottant dans la cavalcade du vent. La haute terre existe. Elle se tient, sous un rideau de pluie, réelle dans le paysage, elle demeure et ne change pas, rien ne la modifie, elle se fond, se dissipe, se devine dans un brouillard intermittent, dans une écharpe liquide, il se peut qu’un troupeau de jeunes bêtes la traverse et hante des vestiges de cathédrale dont il ne reste qu’un pan de mur, une rosace de pierre suspendue. Des alouettes invisibles piaillent-elles d’attendre une éclaircie ? Leurs corps brun-jaune jaillissent comme des traits de flèches, anges au-dessous du ciel, le grand arbre aux branches étalées veille à l’entrée du chemin étroit qui mène au long de la falaise. Perspective Yeux clos à l’envers de la mer, dans la lande où des murs cisaillent les prés, les sillonnent sans débuts ni fins, longueurs nées de milliers de blocs dressés, posés en équilibre avec entre eux des écarts, des jours, des vides, une lourde dentelle de pierre qui écrit la lande, un orgue à vent offert aux bourrasques. Des murs qui deviennent des vitraux quand quelques rayons s’immiscent à travers les nuages bas, aux heures des lumières rasantes du soir, à cet instant du couchant où naissent les couleurs dans une explosion de rouge, juste avant la nuit, et que s’invente un autre paysage malgré la pluie, peint de lignes accentuées, terre pesante qui brille d’or, trouées vibrantes, aura fantasque d’une brume violette dans une évanescence de rose léger. Paysage Yeux clos paysage abstrait, paysage d’impressions, paysage monochrome, paysage collage, paysage Yeux clos, paysage mémoire, paysage.  

A écouter ici : https://soundcloud.com/catherine-serre-915528503/yeux-clos

Le long des meridiens

Diminuer les écarts

Des rendez-vous e-réguliers, au rythm-e des écritures & des mêlées du monde

d’est en ouest, des évènements simultanés, des paroles croisées et du temps perdu

des mots & du son, capté, monté, avec voix ou dissonances, concret ou éléctro

y être à l’aise, s’y balader & y revenir

Ça joue ?