un chat un chat

un chat un chat

dans la gorge

un empêchement dans l’empêchement 

un ralentissement de chat

vieux vieux chat et empêchement de cordes 

raides

un ralentissement juste un

ralentissement

un souffle entre deux

et les petites cordes raides

juste un peu d’air en travers et

un empêchement en travers 

se dérèglent les sens, l’oreille voit 

l’œil réagit au changement de température 

la pupille durcit et les cordes n’obéissent à personne 

la peau glisse sur la chair intérieure, une caresse d’ortie

et les visages un à un

fraction de temps pour apparaître 

de l’encre noire de leur œil gauche  

le long de leur joue, un tatouage plutôt qu’une coulure, 

une manière de s’appartenir 

ils déboulent du sombre et y sombrent à nouveau

les cordes nouées gémissent seulement 

le souhait de les garder une seconde de plus 

gorge d’air prisonnier, impressions de visages

un chat et autre un chat les feulements entre eux 

dans la gorge un conflit de silence

tous les soirs s’élève une voix

tout les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, un soir d’octobre dans un minibus à travers la nuit égyptienne, les amies chantent Ferouz et Oum Kalthoum, dehors brûlent les détritus qui brûlent la gorge, et les voix en partage de voix dans le domaine des souffles,

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, la voix seule écrit le sens : proférer chaque soir un son et un souffle, un poème-action, un livre instantané livré aux déséquilibres des temps,

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, elle installe le corps dans un lieu basculé : le bord d’une fenêtre au bord d’un toit, et la voix bascule l’alignement des luites, les façades, le creusement des cours, le cloisonnement des jardinets, le ciel, elle bascule ce qui contient et les fluides,

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, un équilibre orienté des hauts et des bas, des diagonales et des parallèles,

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens, déréglant les représentations, révélant des espaces et y prenant place

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens – écho à ce poème, un jour gravé
pas grave, pas grave pas de corps, pas grave et puis en voilà un tout fait (…)

tous les soirs s’élève une voix – elle sort de ma bouche – revenue de temps anciens – dans l’élan des inversions et du Grand Carnaval,